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jeudi 15 janvier 2009

Succès en FIV : l'âge de la femme reste un critère important.

Actuellement, les professionnels de la FIV recueillent le taux de grossesse par cycle comme critère de "performance" de leur activité. Cependant, il est plus intéressant pour le couple qui consulte de savoir quelle sont ses chances d'avoir un enfant sur l'ensemble du parcours, c'est-à-dire, le plus souvent après plusieurs tentatives.
Un article récent du New England Journal de Medicine* tente de répondre à cette question avec une grande étude sur 6164 patientes ayant entrepris 14248 cycles avec FIV ou ICSI. L'équipe américaine (Boston, Massachussetts) a suivi les couples jusqu'à une naissance vivante ou l'arrêt du traitement et a calculé le taux cumulatif de naissance vivante après 1 à 6 cycles en fonction de deux hypothèses : une optimiste et une autre plus prudente (sur des critères d'analyse statistique).
Les auteurs montrent qu'au total, le taux cumulatif de naissance est en moyenne entre 49 et 62% après 4 cycles (selon l'une ou l'autre des hypothèses), et entre 51 et 72% après 6 cycles. En stratifiant en fonction de l'âge, les résultats sont en faveur des femmes les plus jeunes puisque en dessous de 35 ans, le taux de naissance après 4 cycles est entre 63 et 76% puis entre 65 et 86% après 6 cycles. Au delà de 40 ans, les taux se situent respectivement entre 21 et 32% puis entre 23 et 42%.
Une des conclusions des auteurs est qu'il y a une faible différence dans le taux cumulatif de naissance vivante entre 4 et 6 cycles et que surtout cette différence s'amenuise avec l'âge. Ils l'écrivent texto dans l'article : "Nos résultats indiquent que la FIV peut largement compenser la stérilité chez les femmes jeunes, mais elle n'inverse pas le déclin de la fertilité lié à l'âge".
Un expert a commenté cet article en indiquant que les auteurs donnent un critère objectif qui permet de discuter avec les couples et de les conseiller mais il exprime une réserve : ces résultats relèvent de l'expérience spécifique d'un centre limitant la "transférabilité" à d'autres centres.
Il faut rappeller, qu'en France, seules quatre tentatives sont remboursées par la sécurité sociale. A la lumière de cet article, on comprend que l'âge de la femme devrait peser d'un poids déterminant dans le recours à des tentatives supplémentaires.
GdM
*Cumulative Live-Birth Rates after In Vitro Fertilization.
Beth A. Malizia, M.D., Michele R. Hacker, Sc.D., M.S.P.H., and Alan S. Penzias, M.D.
NEJM, 2009, Volume 360:236-243.

lundi 8 décembre 2008

Les actes FIV et ICSI seraient réalisés à perte par les laboratoires d'analyse médicale.

Dans une agence APM de ce jour, les BLEFCO (fédération des biologistes des laboratoires d'étude de la fécondation et de la conservation de l'oeuf) annoncent dans leur rapport financier annuel que les actes de FIV et d'ICSI seraient sous-côtés de 50%. Le Dr Patrice Clément, président des Blefco, déclare que ce chiffre de 50% n'est que le bas de la fourchette et que la sous-évaluation pourrait-être encore plus importante. Il déclare également que l'Agence de Bio-médecine, régulateur institutionnel de cette activité, va publier dans les semaines à venir un rapport qui confirmerait cette importante observation.
Le timing de l'annonce de nos confrères "Fivistes" est bon parce que les négociations conventionnelles vont bientôt s'achever et il en a filtré que les actes de la biologie de reproduction allaient encore baisser à la nomenclature.
Questions : Les laboratoires qui réalisent les FIV peuvent-ils se permettre de travailler à perte ? Si leur activité est menaçée seront-ils obliger de s'associer et de réduire leur nombre dans un département donné ? Si c'est le cas, les listes d'attente des patientes vont encore s'allonger or nous savons très bien qu'en matière de FIV...le temps, ce n'est pas de l'argent mais des bébés !
Remarque : ce raisonnement s'applique parfaitement à la biologie conventionnelle.
GdM