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lundi 16 février 2009

50ème article de Labm'utation : Vous avez la parole !

Six mois de vie, 50 articles consacrés à la mutation de la biologie médicale française et près de 6000 visites uniques : le blog suit son petit bonhomme de chemin, sans prétention. Certains apprécient, d'autres pas du tout. Certains donnent leur avis, d'autres passent leur chemin. L'essentiel est de parler et de faire parler de notre métier, de nos missions et des efforts fournis par des milliers de confrères et consoeurs pour une biologie de qualité et de proximité.

Pour ce 50ème message, je laisse la parole à Divoli, un lecteur suisse du blog. Il commente les réformes (en projet) de la biologie française. Son avis est précieux et pertinent et le débat est ouvert. Divoli, vous avez la parole :

"Bonjour,

Je lis vos différents articles et j'ai l'impression de voir ce qui est arrivé à la biologie médicale en Suisse, en l'espace de 15 ans, même si la situation n'est pas vraiment identique (à cause de dispositions légales différentes).

Dans un premier temps, les "financiers" de la biologie médicale (comprendre de grands groupes comme Unilabs, d'origine suisse par ailleurs) sont apparus.
Ils ont racheté des petits labos les uns après les autres.

Parallèlement, et sous la pression des Caisses Maladies, les tarifs ont été revues par trois fois à la baisse. Ceci n'a fait que renforcer la position de ces grands groupes, plus apte à racheter d'autres labos, à attirer des médecins puis à "rationaliser leur production" (je reprend l'expression qu'ils utilisent).

Cette année,l'OFSP (l'équivalent du Ministère de la Santé) a revu la nomenclature d'une manière drastique (avec une baisse moyenne de l'ordre de 40 %, certains nouveaux tarifs ne couvrant même pas les couts effectifs des analyses).

D'autres baisses sont prévues dès 2012.

Les laboratoires de cabinets, les petits laboratoires privés ou d'hôpitaux n'y survivront pas. Beaucoup ont disparu durant ces dix dernières années.

Les gros laboratoires, qui eux peuvent "accuser le cout" par une enième restructuration, ont d'ailleurs clairement indiqué que l'objectif est désormais de s'attaquer au marché français, très fragmenté.

Bref, ce que vous appelez "les laboratoires à la papa" sont ici en train de disparaitre. Et la biologie médicale de type industrielle, qui proposent des tarifs dits "économiques", tisse sa toile partout en Europe.


Bien à vous.

16 février 2009 20:07"

A bon entendeur, salut.

GdM

lundi 8 décembre 2008

Les actes FIV et ICSI seraient réalisés à perte par les laboratoires d'analyse médicale.

Dans une agence APM de ce jour, les BLEFCO (fédération des biologistes des laboratoires d'étude de la fécondation et de la conservation de l'oeuf) annoncent dans leur rapport financier annuel que les actes de FIV et d'ICSI seraient sous-côtés de 50%. Le Dr Patrice Clément, président des Blefco, déclare que ce chiffre de 50% n'est que le bas de la fourchette et que la sous-évaluation pourrait-être encore plus importante. Il déclare également que l'Agence de Bio-médecine, régulateur institutionnel de cette activité, va publier dans les semaines à venir un rapport qui confirmerait cette importante observation.
Le timing de l'annonce de nos confrères "Fivistes" est bon parce que les négociations conventionnelles vont bientôt s'achever et il en a filtré que les actes de la biologie de reproduction allaient encore baisser à la nomenclature.
Questions : Les laboratoires qui réalisent les FIV peuvent-ils se permettre de travailler à perte ? Si leur activité est menaçée seront-ils obliger de s'associer et de réduire leur nombre dans un département donné ? Si c'est le cas, les listes d'attente des patientes vont encore s'allonger or nous savons très bien qu'en matière de FIV...le temps, ce n'est pas de l'argent mais des bébés !
Remarque : ce raisonnement s'applique parfaitement à la biologie conventionnelle.
GdM

lundi 29 septembre 2008

Quels actes de biologie devraient baisser à la nomenclature ?

Le rapport Ballereau propose de baisser le tarif de certains actes de biologie médicale. Cette baisse aurait deux vertus : la première est, bien entendu, de diminuer la charge des remboursements des actes de biologie (2.7 milliards en 2007 soit 3% environ de la consommation des soins en France), la seconde est de contribuer à la restructuration de la profession.

Le montant des économies proposées n'est pas très explicite car en page 45 du rapport, il est proposé 70 millions d'euros sur trois ans et en page 46, 100 millions d'euros sur la même période. Il y a donc une fourchette qui varie entre 210 et 300 millions d'économies à réaliser. Il est tentant de d'imaginer qu'il s'agit là d'une marge de négociation laissée aux biologistes.

Quels sont les actes dont les tarifs sont susceptibles de baisser ?

M. Ballereau a clairement identifié la glycémie dont il propose une divison par 2 du tarif. Il y a également dans le rapport la description des actes concernés : ce sont des examens hautement automatisés et d'interprétation simple mais M. Ballereau ne se hasarde pas à les citer si ce n'est qu'il écarte l'hémogramme.

Par contre si on reprend le rapport Lalande, paru en 2006, il y est clairement indiqué que 11 analyses représentent à eux seuls 43% des actes remboursés et devraient logiquement être moins cotés pour réaliser les économies souhaitées (alinéa 4.2.1.2).

En croisant les propositions des deux rapports, émerge une liste PROBABLE d'examens dont la tarification devrait significativement baisser :
  • Exploration d'une anomalie lipidique,
  • Transaminases,
  • CRP
  • Ferritine
  • TSH + T4 libre
  • Taux de prothrombine
  • Glycémie
  • HbA1c

Il est difficile d'imaginer l'ampleur de la baisse mais dès à présent, il serait judicieux d'orienter la réflexion sur la réorganisation des plateaux techniques des laboratoires autour de ces 8 paramètres, en y intégrant d'ailleurs les impératifs du référentiel de qualité (norme ISO 15189).

GdM

mardi 9 septembre 2008

Baisse de la nomenclature prévue...en Suisse !

Le ministre de la santé suisse a prévu une révision à la baisse de la nomenclature des analyses médicales. Il propose une réduction allant de 20 à 25% du tarif des analyses les plus fréquentes.
L'économie espérée est de l'ordre de 250 millions de francs suisses, soit à peu près 1 % des dépenses totales de l'assurance-maladie.

Les arguments avancés par les services du ministre sont classiques :
- gain en productivité du fait de l'automatisation,
- revenus élevés des biologistes,
- tarifs suisses quatre à cinq fois plus élevés que ceux pratiquée en Allemagne ou en Autriche.

De leur côté, les biologistes suisses contestent cette décision unilatérale et les arguments avancés par le ministre et notamment la pertinence de la comparaison au modèle allemand. Ils craignent une désorganisation du secteur avec la fermeture de 40% des laboratoires du fait de la pression économique ainsi exercée. Ils mettent également en avant la perte de la qualité et de la proximité du service rendu aux patients.

La seule concession que serait prêt à faire le ministre est celle d'une baisse en deux fois de la nomenclature.
Les détails peuvent être consultés sur le lien suivant :

http://www.hebdo.ch/Edition/2008-36/Actuels/suisse/sante_les_laboratoires_quatre_fois_trop_chers.htm




Ce dossier est extrêmement intéressant car il permet de projeter ce qui peut arriver en France dans les mois qui viennent avec notamment ce bras de fer entre le ministère et les biologistes au sujet de l'amplitude de la baisse des tarifs.
Il est également instructif de constater que les arguments avancés par les protagonistes de ce dossier suisse sont exactement les mêmes que ceux avancés par leurs homologues français.

Conclusion : Suivons de près l'évolution de la biologie suisse.

GdM