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mardi 15 novembre 2011

ECRL : Effet Collatéral des Regroupements des Laboratoires.

Amis biologistes, bonjour.

J'inaugure une nouvelle rubrique du blog à laquelle je vous invite tous à participer : ECRL pour effet collatéral du regroupement des laboratoires. L'exercice est intéressant car il y a des effets visibles et des effets non visibles, voire même impré-visibles !
Le tout premier effet non visible que j'ai perçu est le suivant : le rapprochement bancaire.

Les laboratoires qui se regroupent sont obligés de choisir une seule banque pour accélérer les remboursements et faciliter le travail des secrétaires/gestionnaires/comptables. Il va y avoir donc une diminution du nombre de comptes bancaires  professionnels. L'impact n'est pas encore clair mais il est probable qu'au final, une poignée de banques se partagent le marché des laboratoires entraînant à terme, par la faible concurrence, une augmentation du tarif de certaines prestations spécifiques (accès à la télé-transmission). Les tarifs de base devraient,  eux, mécaniquement augmenter du fait des nouvelles contraintes de solvabilité des banques mais cet effet concernera tous les détenteurs de comptes !

Si vous voyez d'autres ECRL, je suis preneur. Vous pouvez laisser un commentaire du style : nom de l'ECRL, type (visible, invisible, imprévisible), gravité (faible, moyenne, forte).
Biologiquement vôtre.

GdM


samedi 5 mars 2011

Les labos luxembourgeois privés "devront se saigner".

Amis biologistes, bonjour.

Je vous ai déniché une petite information qui concerne encore, comme le veut la tradition du blog, notre beau métier.
Cette fois sortons du cadre franco-français. Nous ne sommes  pas les seuls biologistes à rencontrer des difficultés avec le contexte réglementaire. Il y a quelques temps, je rapportais l'exemple des nos confrères helvètes qui ont subi une réforme assez rude (je remercie d'ailleurs les lecteurs de Suisse qui avaient contribué au blog). Aujourd'hui, c'est le tour des Luxembourgeois. Je vous vois sourire, mais l'affaire est sérieuse et agite le landernau sanitaire du Grand-Duché. Là, vous riez de bon cœur. Vous avez tort car lisez cet extrait d'un article en ligne du journal "Le Quotidien" :


"Mercredi, une réunion de la commission de nomenclature a mal tourné. Les membres de la commission s'étaient donné rendez-vous pour analyser les tarifs du secteur des laboratoires d'analyses médicales qui, dans le cadre de la réforme, est amené à faire des économies à hauteur de 2,3 millions d'euros en moyenne en 2011. La FLLAM, confiante, s'était pointée à la réunion avec une proposition concrète: dans l'idéal, cette somme devait être partagée équitablement entre les labos hospitaliers et les exploitants privés proportionnellement à leur activité. Mais une fois sur place, c'est la surprise. «Les fonctionnaires de la CNS nous ont informé que les 2,3 millions d'euros d'économies ne concernaient que les laboratoires privés, que c'était ça l'intention de la loi», se souvient Netty Klein, porte-parole de la FLLAM. Les représentants de l'association sont perplexes."


Le sourire se crispe peut-être un peu , non ? Pour avoir un ordre de grandeur, il faut se rappeler que la population luxembourgeoise est de 500.000 personnes. Si on transpose à la France, l'économie demandée serait de 276 millions d'euros sur 1 an. La baisse de nomenclature prévue est ici de 300 millions d'euros sur 3 ans et concerne les deux secteurs hospitalier et libéral.
Bien entendu, les économistes de la santé vont hausser les épaules en affirmant qu'il est très compliqué de comparer les systèmes de santé. Soit, mais il est toujours pertinent de voir ce qui se fait ailleurs, comment et qui décide et quel en est l'impact.

Si des confrères du Bénélux pouvaient éclairer notre lanterne...
Biocliniquement vôtre.

GdM

Quleques sources :
Le Quotidien : journal luxembourgeois.
La FLLAM : Fédération des labos du Luxembourg

samedi 19 février 2011

Danse sur Ordonnance.

Amis Biologistes, bonjour.

Un pas en avant, un pas en arrière. La jambe doit être tendue, le buste bien droit et le visage éclairé par un franc sourire. Et surtout, surtout suivre la musique. C'est ce que ne manquera pas de répéter le jury d'une  émission télévisée où des "people" s'essayent, avec plus ou moins de réussite, aux danses de salon. 
Il n'est pas certain que les biologistes apprécient celle qu'il leur a été imposée. Ils sont lâchés au milieu de la piste en sachant que ce qu'ils avaient répété n'est plus d'actualité. L'orchestre a changé et avec, la musique et  le carnet de bal. De plus, ils ne savent plus très bien qui dirige le nouvel ensemble.

Pour illustrer ce malaise, je remonte en post le très pertinent commentaire d'Alain, biologiste et fidèle lecteur du blog.


"Outre la nomination des PH PU et autres chefs de service de biologie hospitalière, les points de l'ordonnance sur lesquels le ministre souhaite revenir sont les prélèvements par les infirmières libérales et les ristournes.
Sur les prélèvements, les syndicats d'infirmiers sont bien sûr tout à fait contre toute forme de contractualisation entre eux et les biologistes et considèrent l'ordonnance comme une atteinte à leur liberté... Il y avait donc là le germe d'une bronca des infirmiers ce que craint énormément notre gouvernement.
Quant aux ristournes, nos hôpitaux commenceraient ils à faire leurs comptes et s'apercevoir que leur tutelle leur a fait un bien mauvais cadeau financier ?
Pour moi, l'ordonnance était réellement maladroite sur le préanalytique et n'avait pas du tout pris en compte le problème des prélèvements effectués par les IDE libérales en ville et en campagne. Quant aux ristournes, il fallait croire au Père Noël pour imaginer que ce point ne serait pas remis en cause rapidement.
Je suis quand même étonné de la tournure du débat sur l'ordonnance depuis le 9 février. Après l'avoir jeté aux orties, on voit sur les blogs de la profession pas mal de confrères la porter aux nues, en disant que ce texte allait nous sauver, était la panacée pour notre profession, que l'accréditation, ce n'est pas si difficile que cela et que si on n'arrive pas à être accrédité par le grand COFRAC, on n'aura qu'à s'en prendre qu'à nous mêmes.
L'ordonnance telle qu'elle a été publiée en janvier 2010 reste un mauvais texte, imposant des contraintes d'exercice totalement délirantes et qui surtout, à cause de cette accréditation nous empêche d'exercer sereinement et correctement notre métier. Ceux là même qui trouvent ce texte admirable ne seraient ils pas les quelques confrères accrédités ?
Je ne nie pas qu'il soit nécessaire d'assurer la meilleure qualité possible de notre prestation mais pas à n'importe quel prix et surtout pas selon cette norme totalement inapplicable en routine.
Et puis, il y a aussi quelque chose dont on ne parle pas en ce moment mais qui garde toute son importance, c'est la baisse de la nomenclature. Avez vous regardé ce que valent vos dossiers depuis le 11 février ? Ne devrait il pas aussi être là notre combat pour préserver notre profession ?
C'est cette redoutable addition "accréditation plus nomenclature" qui va nous emporter.
Bon courage à tous ceux qui se retrouveront dans mes propos."

Merci Alain. Je vous que vous n'avez pas perdu le (sens du) rythme. Bien vu également pour la nomenclature.
Biocliniquement vôtre.
GdM

vendredi 18 février 2011

"Il n'est plus question de supprimer cette Ordonnance" assure Xavier Bertrand.

Amis Biologistes, bonjour.

Si vous avez eu le temps de lever la tête de vos tubes, aiguilles et microscopes ou de détacher les yeux de votre écran de résultats, vous avez probablement lu les dépêches qui tombent depuis hier soir.
Je cite notamment celle d'APM qui a rapporté hier soir les propos du Ministre de la santé, X. Bertrand :

"Je tiens à rassurer tous ceux, en premier lieu les biologistes, qui s'inquiètent de cette situation. Le texte aujourd'hui reste en vigueur. Il n'y a pas eu de vote sénatorial"

"Il n'est pas question non plus de supprimer cette ordonnance qui permet d'organiser le fonctionnement de la biologie dans notre pays",

"[il faut] retravailler sur certains points spécifiques de cette ordonnance d'ici le passage au Sénat",

"Ce sera l'objet des travaux des prochaines semaines en concertation",

Ces propos ont été tenu hier soir au Sénat alors que les élus commençaient l’examen de la proposition de loi du sénateur Jean-Pierre Fourcade modifiant certaines dispositions de la loi HPST. Le compte-rendu des débats est disponible sur le site de la Haute Assemblée.

Pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion sur le revirement de situation, je vous propose ci-dessous quelques extraits significatifs des débats :

M. Jean-Pierre Fourcade [expliquant les raisons de la proposition de loi] :

"… certaines imperfections, certaines décisions du Conseil constitutionnel, observations du Conseil d'État ou demandes de syndicats de médecins [libéraux] et hospitaliers m’ont convaincu qu'il fallait préciser les choses afin que chacun accepte mieux la réforme."

M. Xavier Bertrand [prenant la parole en suivant] :

"La loi HPST visait à mettre en place une offre de soins de qualité et accessibles à tous. Des difficultés sont apparues ; le Gouvernement soutient donc la démarche de M. Fourcade…Ce texte était très attendu. Un amendement à la proposition de loi bioéthique visait à supprimer l'ordonnance de biologie. Il n'en est pas question, même s'il faut revoir cette ordonnance. Je tiens à rassurer les professionnels.
Le Gouvernement soutient ce texte. (Applaudissements à droite)"

M. Gilbert Barbier : [au cours de la discussion]

"…Un mot sur les conditions d'exercice de la profession de biologiste médical, strictement encadrée. On voudrait créer une troisième voie d'accès pour les personnels hospitaliers. Mais les chercheurs tendent à se coopter. Pourquoi avoir remis en cause la réforme de la biologie médicale, mûrie pendant deux ans ? (Applaudissements sur divers bancs)"

Le bon sens a prévalu. Il ne pouvait être question de supprimer une ordonnance  qui régit un important secteur de soins (ordonnance de 2010 et  loi de 1975 abrogées, la biologie médicale aurait ainsi perdu tout cadre législatif et réglementaire) mais tout laisse penser que l'abrogation votée la semaine dernière par les députés était une habile manœuvre pour en renégocier le contenu. Il se murmure que si l'initiateur de la réforme, M. Ballereau avait été plus ouvert à certaines requêtes, l'ordonnance n'aurait pas été aussi rudement malmenée. Le contexte politique n'est pas non plus étranger à ce revirement.
Biocliniquement vôtre,
GdM