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mardi 15 novembre 2011

ECRL : Effet Collatéral des Regroupements des Laboratoires.

Amis biologistes, bonjour.

J'inaugure une nouvelle rubrique du blog à laquelle je vous invite tous à participer : ECRL pour effet collatéral du regroupement des laboratoires. L'exercice est intéressant car il y a des effets visibles et des effets non visibles, voire même impré-visibles !
Le tout premier effet non visible que j'ai perçu est le suivant : le rapprochement bancaire.

Les laboratoires qui se regroupent sont obligés de choisir une seule banque pour accélérer les remboursements et faciliter le travail des secrétaires/gestionnaires/comptables. Il va y avoir donc une diminution du nombre de comptes bancaires  professionnels. L'impact n'est pas encore clair mais il est probable qu'au final, une poignée de banques se partagent le marché des laboratoires entraînant à terme, par la faible concurrence, une augmentation du tarif de certaines prestations spécifiques (accès à la télé-transmission). Les tarifs de base devraient,  eux, mécaniquement augmenter du fait des nouvelles contraintes de solvabilité des banques mais cet effet concernera tous les détenteurs de comptes !

Si vous voyez d'autres ECRL, je suis preneur. Vous pouvez laisser un commentaire du style : nom de l'ECRL, type (visible, invisible, imprévisible), gravité (faible, moyenne, forte).
Biologiquement vôtre.

GdM


dimanche 13 novembre 2011

Semaine chargée pour la Biologie Médicale.

Amis Biologistes, bonjour.

La (petite) semaine qui  vient de s'écouler a été suffisamment chargée pour que je reprenne le clavier et vous livre ces quelques informations. Les Journées Internationales de Biologie  se sont tenues du 8 au 10 novembre dernier au CNIT-La Défense. C'est une des grandes occasions où la profession se réunit pour s'(in)former, débattre, découvrir les nouvelles techniques et les tendances. C'est aussi un thermomètre, certes pas très précis mais appréciable, de l'état d'esprit et du moral des laboratoires d'analyses.

Dès l'entrée, le ton était donné. Le Syndicat des Biologistes (SDB) a fourni aux participant un kit d’information destiné en priorité aux patients des laboratoires. Il s'agissait d'alerter les patients sur l’imminence de la fermeture de nombreux laboratoires de proximité en raison des regroupements en cours. Ils peuvent (les patients) exprimer leur refus en signant et en renvoyant une des cartes-manifeste gratuites contenues dans le kit et ce, jusqu'au 15 décembre 2011.

Le SDB n'était pas le seul à avoir ainsi fait appel aux patients puisque la coordination des "Biologistes en Colère" a déposé durant la même semaine au siège du Ministère de la santé une pétition de 380.000 signatures de patients et de biologistes. Elle dénonce aussi la "mort subite" des laboratoires de proximité.

Si on prend un tout petit peu de recul, on se rend compte que cette agitation autour de la disparition des laboratoires de proximité fait partie d'un tableau beaucoup plus vaste (mais hélas pas moins sombre). Une pétition, initiée par le Syndicat des jeunes biologistes médicaux, circule contre la privatisation du système de santé français et, miracle des réseaux sociaux, quelques milliers de signatures ont déjà été recueillies en une douzaine de jours.

Que puis-je conclure de ces actions ?  Rien de bien nouveau que n'aient déjà rapporté d'éminents penseurs et observateurs ou que n'aient déjà écrit les journaux : Internet, la santé et l'avis du peuple péseront lourd en 2012.

Biologiquement vôtre.

GdM


Sources :

- SDB, le kit : http://www.sdbio.eu/pour-une-biologie-liberale-de-proximite-operation-patients.html
- Biologistes en colère : http://www.biologistesencolere.com/static.php?op=index.html&npds=1
- SJBM : http://blog.sjbm.fr/?p=3983
- SJBM, la pétition : http://www.mesopinions.com/Contre-la-privatisation-du-systeme-de-sante-francais-petition-petitions-c50727ab56e9786be7dffc7e4a337ba4.html

lundi 11 avril 2011

La norme ISO 15189 vous agace ? Dites-le à l'AFNOR !

Amis Biologistes, bonjour.

Si la norme ISO 15189 est devenue votre livre de chevet, si vous en connaissez le moindre détail, vous avez sûrement noté quelques imperfections (quel doux euphémisme...) dans la rédaction de certaines exigences et vous vous êtes peut-être même parfois interrogés sur leur pertinence.
Et bien, réjouissez-vous car la parole est enfin donnée au peuple des laboratoires. L'AFNOR ouvre son site et a mis en place une enquête publique qui permet à tout un chacun de commenter (si, si..) chaque exigence du texte normatif.  Nous allons donc contribuer à améliorer notre Norme. Quel honneur !

Petit bémol : l'appel a été diffusé le 6 avril et nous n'avons que jusqu'au 15 avril pour contribuer à l'enquête.
Autre (petit) bémol : vous devez vous enregistrer sur le site de l'Afnor qui, par ailleurs, nous propose, sur la même page et très très gentiment, de nous accompagner dans notre quête de perfection...

Allez, je ne vous fais pas languir plus que ça, à vos claviers/smartphones sur le site suivant :



Biocliniquement vôtre,
GdM


samedi 5 mars 2011

Les labos luxembourgeois privés "devront se saigner".

Amis biologistes, bonjour.

Je vous ai déniché une petite information qui concerne encore, comme le veut la tradition du blog, notre beau métier.
Cette fois sortons du cadre franco-français. Nous ne sommes  pas les seuls biologistes à rencontrer des difficultés avec le contexte réglementaire. Il y a quelques temps, je rapportais l'exemple des nos confrères helvètes qui ont subi une réforme assez rude (je remercie d'ailleurs les lecteurs de Suisse qui avaient contribué au blog). Aujourd'hui, c'est le tour des Luxembourgeois. Je vous vois sourire, mais l'affaire est sérieuse et agite le landernau sanitaire du Grand-Duché. Là, vous riez de bon cœur. Vous avez tort car lisez cet extrait d'un article en ligne du journal "Le Quotidien" :


"Mercredi, une réunion de la commission de nomenclature a mal tourné. Les membres de la commission s'étaient donné rendez-vous pour analyser les tarifs du secteur des laboratoires d'analyses médicales qui, dans le cadre de la réforme, est amené à faire des économies à hauteur de 2,3 millions d'euros en moyenne en 2011. La FLLAM, confiante, s'était pointée à la réunion avec une proposition concrète: dans l'idéal, cette somme devait être partagée équitablement entre les labos hospitaliers et les exploitants privés proportionnellement à leur activité. Mais une fois sur place, c'est la surprise. «Les fonctionnaires de la CNS nous ont informé que les 2,3 millions d'euros d'économies ne concernaient que les laboratoires privés, que c'était ça l'intention de la loi», se souvient Netty Klein, porte-parole de la FLLAM. Les représentants de l'association sont perplexes."


Le sourire se crispe peut-être un peu , non ? Pour avoir un ordre de grandeur, il faut se rappeler que la population luxembourgeoise est de 500.000 personnes. Si on transpose à la France, l'économie demandée serait de 276 millions d'euros sur 1 an. La baisse de nomenclature prévue est ici de 300 millions d'euros sur 3 ans et concerne les deux secteurs hospitalier et libéral.
Bien entendu, les économistes de la santé vont hausser les épaules en affirmant qu'il est très compliqué de comparer les systèmes de santé. Soit, mais il est toujours pertinent de voir ce qui se fait ailleurs, comment et qui décide et quel en est l'impact.

Si des confrères du Bénélux pouvaient éclairer notre lanterne...
Biocliniquement vôtre.

GdM

Quleques sources :
Le Quotidien : journal luxembourgeois.
La FLLAM : Fédération des labos du Luxembourg

jeudi 4 décembre 2008

Après Capital, l'Express en rajoute une couche sur les laboratoires.

Dans un article publié hier sur son site, le magazine l'Express traite du déficit de l'Assurance maladie. Pour l'auteur, le déficit n'est pas seulement dû au vieillissement de la population mais également à un système mal organisé qui permet des petits arrangements, des abus et même des fraudes. Il cite pêle-mêle les arrêts maladies abusifs, les fausses ordonnances, les hôpitaux publics et, accrochez-vous chers confrères et consoeurs qui avez accueilli vos patients dès potron-minet, les fameux laboratoires d'analyses médicales. Pour être rigoureux, je reprends texto les quelques lignes de l'article consacrées aux labos :

"Les laboratoires d'analyse biologique sont montrés du doigt, souvent à juste titre : ils bénéficient d'importants gains de productivité, grâce à la quasi-automatisation des principaux examens remboursés. Mais ils ne les répercutent pas sur leurs prix. Chaque année, la Sécurité sociale négocie avec eux des baisses de tarifs (94 millions d'euros en 2007). « On est encore loin du compte », fait valoir un bon connaisseur du dossier."

Au moment où le Président de la République (ou ses conseillers ?) écrit à l'Intersyndicale des biologistes en réponse à leur courrier du 13 octobre dernier paru dans le Monde pour dire en substance qu'il a entendu leurs protestations concernant la réforme, voilà qu'"un bon connaisseur du dossier" les accuserait presque dans cet article d'abuser la Sécu. Les mêmes arguments et la même rhétorique que ceux de l'article de Capital sont utilisés à savoir : la notion de gain de productivité et le fait que les biologistes ne repercutent pas l'écart supposé entre le prix de revient des analyses et le tarif de remboursement par la Sécu. Cette rhétorique était celle du fameux rapport Lalande de 2006.

Pourquoi les journalistes ne prennent pas le temps de vérifier les informations à charge auprès des représentants de la profession ? Pourquoi ne laissent-ils pas la place au débat contradictoire ? Comment peut-on laisser supposer que tous les professionnels assermentés que sont les biologistes sont là uniquement pour s'engraisser sur le dos de la collectivité ? Pourquoi ne pas appliquer ce raisonnement aux radiologues qui ont eux aussi optimisé leur chaîne de production d'images sans répercuter sur leurs tarifs les gains supposés ?

Il y a eu durant les dernières années un déficit de communication des biologistes vers la population. Nous aurions dû mieux expliquer notre métier dont dependent 80% des décisions médicales. Et peut-être même investir les magazines féminins en envoyant nos plus "belles gueules" et plus charmants minois expliquer les avantages d'un laboratoire de proximité, humain et compétent (pas chez Marie-Claire où nous aurions déja été comparés à des compagnies low-cost black-listées).

Est-ce qu'il y a une norme ISO pour la communication ? Parce que tant qu'à suer sang et eau pour appliquer la norme 15189 autant en profiter pour améliorer l'image de marque de mon laboratoire en particulier et celle de la profession en général.

GdM













mardi 9 septembre 2008

Baisse de la nomenclature prévue...en Suisse !

Le ministre de la santé suisse a prévu une révision à la baisse de la nomenclature des analyses médicales. Il propose une réduction allant de 20 à 25% du tarif des analyses les plus fréquentes.
L'économie espérée est de l'ordre de 250 millions de francs suisses, soit à peu près 1 % des dépenses totales de l'assurance-maladie.

Les arguments avancés par les services du ministre sont classiques :
- gain en productivité du fait de l'automatisation,
- revenus élevés des biologistes,
- tarifs suisses quatre à cinq fois plus élevés que ceux pratiquée en Allemagne ou en Autriche.

De leur côté, les biologistes suisses contestent cette décision unilatérale et les arguments avancés par le ministre et notamment la pertinence de la comparaison au modèle allemand. Ils craignent une désorganisation du secteur avec la fermeture de 40% des laboratoires du fait de la pression économique ainsi exercée. Ils mettent également en avant la perte de la qualité et de la proximité du service rendu aux patients.

La seule concession que serait prêt à faire le ministre est celle d'une baisse en deux fois de la nomenclature.
Les détails peuvent être consultés sur le lien suivant :

http://www.hebdo.ch/Edition/2008-36/Actuels/suisse/sante_les_laboratoires_quatre_fois_trop_chers.htm




Ce dossier est extrêmement intéressant car il permet de projeter ce qui peut arriver en France dans les mois qui viennent avec notamment ce bras de fer entre le ministère et les biologistes au sujet de l'amplitude de la baisse des tarifs.
Il est également instructif de constater que les arguments avancés par les protagonistes de ce dossier suisse sont exactement les mêmes que ceux avancés par leurs homologues français.

Conclusion : Suivons de près l'évolution de la biologie suisse.

GdM