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lundi 29 septembre 2008

Quels actes de biologie devraient baisser à la nomenclature ?

Le rapport Ballereau propose de baisser le tarif de certains actes de biologie médicale. Cette baisse aurait deux vertus : la première est, bien entendu, de diminuer la charge des remboursements des actes de biologie (2.7 milliards en 2007 soit 3% environ de la consommation des soins en France), la seconde est de contribuer à la restructuration de la profession.

Le montant des économies proposées n'est pas très explicite car en page 45 du rapport, il est proposé 70 millions d'euros sur trois ans et en page 46, 100 millions d'euros sur la même période. Il y a donc une fourchette qui varie entre 210 et 300 millions d'économies à réaliser. Il est tentant de d'imaginer qu'il s'agit là d'une marge de négociation laissée aux biologistes.

Quels sont les actes dont les tarifs sont susceptibles de baisser ?

M. Ballereau a clairement identifié la glycémie dont il propose une divison par 2 du tarif. Il y a également dans le rapport la description des actes concernés : ce sont des examens hautement automatisés et d'interprétation simple mais M. Ballereau ne se hasarde pas à les citer si ce n'est qu'il écarte l'hémogramme.

Par contre si on reprend le rapport Lalande, paru en 2006, il y est clairement indiqué que 11 analyses représentent à eux seuls 43% des actes remboursés et devraient logiquement être moins cotés pour réaliser les économies souhaitées (alinéa 4.2.1.2).

En croisant les propositions des deux rapports, émerge une liste PROBABLE d'examens dont la tarification devrait significativement baisser :
  • Exploration d'une anomalie lipidique,
  • Transaminases,
  • CRP
  • Ferritine
  • TSH + T4 libre
  • Taux de prothrombine
  • Glycémie
  • HbA1c

Il est difficile d'imaginer l'ampleur de la baisse mais dès à présent, il serait judicieux d'orienter la réflexion sur la réorganisation des plateaux techniques des laboratoires autour de ces 8 paramètres, en y intégrant d'ailleurs les impératifs du référentiel de qualité (norme ISO 15189).

GdM

mardi 23 septembre 2008

Le Big Bang de la biologie médicale : H + 2h

C'est un moment historique pour la biologie médicale française.
A 13h ce jour, le ministère de la santé a rendu public la synthèse du rapport Ballereau qui doit modifier de fond en comble l'organisation de cette spécialité.

Sans aucun commentaire pour l'instant, voici 5 éléments importants du rapport.

- La biologie médicale n'est pas un service mais une prestation médicale. Les médecins-biologistes et pharmaciens-biologistes doivent donc valider les résultats d'analyses mais également les interpréter et même, si nécessaire, modifier la prescription du médecin.

- Tous les laboratoires doivent être accrédités sur la totalité des examens par le Cofrac selon la norme ISO 15189 et dans un délai de 6 ans.

- L'offre de biologie médicale doit être répartie sur tout le territoire dans l'intérêt des patients. La définition du laboratoire, qu'il soit hospitalier ou libéral, va donc changer. Un laboratoire peut avoir plusieurs sites, les biologistes sont libres de s'y organiser comme ils le souhaitent et la règle qui rattache un biologiste à un site est abolie. Par contre, un laboratoire ne peut avoir de position dominante au sein d'un territoire de santé.

- Les règles financières et sociales sont modifiées. La nature du support juridique du laboratoire privé est laissé libre de même que la composition du capital. Les biologistes qui exercent dans un laboratoire doivent conserver la maîtrise de l'organisation.

- Les dépenses de biologie médicale des 3 à 5 prochaines années doivent baisser. Le premier objectif annoncé est de 100 millions d'euros de baisse sur trois années consécutives.

Ce rapport répond à quatre des objectifs prévus par l'article 20 de l'avant-projet de loi HPST et qui ont été développés dans un message précédent (http://labmutation.blogspot.com/2008/09/article-20-de-la-loi-hpst-la-version.html)

Quelles seront les conséquences de ce rapport ?

Imaginez une pierre qui tombe à la surface d'un lac : l'onde de choc se répartit en cercles concentriques de plus en plus grands. Il encore trop tôt pour que la plupart des gens en ressentent la secousse. Pour l'instant, ce sont les quelques dizaines de milliers de professionnels concernés qui subissent un choc.
Un choc frontal.

GdM

PS : la synthèse du rapport est disponible sur la page :
http://www.lesechos.fr/info/sante/300295251-la-synthese-du-rapport-sur-la-reforme-de-la-biologie-medicale.htm

mardi 9 septembre 2008

Baisse de la nomenclature prévue...en Suisse !

Le ministre de la santé suisse a prévu une révision à la baisse de la nomenclature des analyses médicales. Il propose une réduction allant de 20 à 25% du tarif des analyses les plus fréquentes.
L'économie espérée est de l'ordre de 250 millions de francs suisses, soit à peu près 1 % des dépenses totales de l'assurance-maladie.

Les arguments avancés par les services du ministre sont classiques :
- gain en productivité du fait de l'automatisation,
- revenus élevés des biologistes,
- tarifs suisses quatre à cinq fois plus élevés que ceux pratiquée en Allemagne ou en Autriche.

De leur côté, les biologistes suisses contestent cette décision unilatérale et les arguments avancés par le ministre et notamment la pertinence de la comparaison au modèle allemand. Ils craignent une désorganisation du secteur avec la fermeture de 40% des laboratoires du fait de la pression économique ainsi exercée. Ils mettent également en avant la perte de la qualité et de la proximité du service rendu aux patients.

La seule concession que serait prêt à faire le ministre est celle d'une baisse en deux fois de la nomenclature.
Les détails peuvent être consultés sur le lien suivant :

http://www.hebdo.ch/Edition/2008-36/Actuels/suisse/sante_les_laboratoires_quatre_fois_trop_chers.htm




Ce dossier est extrêmement intéressant car il permet de projeter ce qui peut arriver en France dans les mois qui viennent avec notamment ce bras de fer entre le ministère et les biologistes au sujet de l'amplitude de la baisse des tarifs.
Il est également instructif de constater que les arguments avancés par les protagonistes de ce dossier suisse sont exactement les mêmes que ceux avancés par leurs homologues français.

Conclusion : Suivons de près l'évolution de la biologie suisse.

GdM